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Bonsoir,
Je suis la maman d'une petite Elisa, j'ai déjà posté qq messages à ce sujet mais je viens de découvrir et de lire les récits de ts ces accouchements... J'ai envie de vous raconter le mien.
Voilà , mon accouchement a "débuté" mi-novembre, soit quatre mois avant ma date prévue d'accouchement et deux mois avant la réelle naissance de ma fille... Mon gynéco trouvant mon bébé "petite" pr son terme m'adresse au chu de ma région natale (montpellier, lol faut bien leur faire de la pub, ils le méritent...), comme nous habitons en Corse, faut organiser mon départ chez mes parents un peu à la va-vite... Qq jours plus tard, me voilà pour cette écho de contrôle, accompagnée de ma mère. Au bout de qq minutes, le doc me lâche "bon et bien vous allez rester avec nous jusqu'à l'accouchement car les résultats ne sont pas bons du tout, votre placenta n'alimente pas correctement votre bébé. Elle a un mois de retard de croissance. Elle pèse 750gr... Je ne vous cache pas, c'est grave". Je suis à 26SA... Et dans la foulée, il rajoute "dans 6 semaines tout au plus, elle sera là . Mais 32semaines, vous savez ici c'est un terme correct". A ce moment là , je ne sais plus, la joie de me dire que je ne vais être obligée de faire une interruption médicale de grossesse et le désespoir et la peur qui m'envahissent. Ma mère est là , elle non plus, ne sait pas quoi dire. J'appelle mon mari, il est absourdi par la nouvelle, il va vite arriver... Et puis tt va très vite, on m'emmène aux urgences, on me pique, on me passe vite les corticoïdes pr la maturation pulmonaire, on me fait signer des papiers, le monito, plus le droit de se lever, et on me dit de réfléchir au prénom si ce n'est pas déjà fait... Bref, la descente aux enfers. Je comprends que la vie d'Elisa est finalement en jeu et que je dois mener une course contre la montre. Puis, on me monte en chambre... Ainsi se sont écoulées 7 semaines, les journées étant rythmées par les monitos, les échos, les examens, les visites, bcp de lectures et de tricot... Je reçois bcp de soutien, ma famille, mes amis mais aussi l'équipe soigante. Finalement, ça passe vite, car Elisa prend de la vigueur et montre qu'elle en veut et qu'elle se bat. Et elle se bat bien! Nous avons tenu, elle m'a fait un merveilleux cadeau pr mon Noël 2009, le plus beau de tous, elle est restée au chaud, dans mon ventre...
Et puis, le jour de sa naissance arrive, on programme la césa pr le lendemain, le 5 janvier dernier. Je suis triste, j'aurai aimé "gagner" une semaine de plus... On m'explique qu'il y a des places en néonat et qu'à 33 semaines, c'est déjà énorme ce qu'on a réussi à faire. "Nous", qui sommes arrivées le 18 novembre et passées à un cheveu de la césa en urgence! L'interne qui m'a suivi durant tt ce temps, me promet d'être à mes côtés pendant la césa. Je veux qu'elle me raconte ce qui se passe, je veux tt vivre... 14h30, je descends au bloc, j'embrasse mon mari (pas le droit de rentrer), et mes parents. Mon père essaye de ne pas pleurer, je le rassure "ça va aller, à tt à l'heure" et hop, je rentre au bloc. 15h, je suis dans la salle de bloc, j'attends, on me prépare. Mon dieu, tt ce monde pr nous... On me parle, me rassure. La péri plus la rachi... Aïe, je suis anxieuse, je me contracte, j'ai peur, ça fait mal... Mais tt le monde est très gentil, et l'infirmière anesthésiste m'enveloppe de ses bras et m'aide à me décontracter. Elle me fait penser à ma mère, presque la même douceur. Maman... Je vais bientôt être Maman moi aussi. Cette infirmière me dit "vous savez, les prémas ne pleurent pas forcément à la naissance... dc pas d'affolement". Oui, je sais tt ça... Mais j'ai qd même la frousse pr Elisa. 15h30 environ, hop, on me met le masque à oxygène et on attaque la césa. "Mon" interne, est là , à mes côtés, toujours aussi prévenante. Elle m'explique tout, je veux savoir, je sens sans avoir mal, c'est magique. Le tout dans un très grand calme. Je sais ce qu'il se passe... "Ah, ah, on arrive à l'utérus, vous allez bientôt être Maman...".
15h44... Elisa est là . La gynéco baisse le champ et là ... Je découvre la plus belle chose que j'ai jamais vu de ma vie! Elle est là , toute rose, toute pleine de vernix, elle pousse un petit "ouin"... J'en ai le souffle coupé! J'en pleure. Mon dieu, elle respire! Mon dieu, qu'elle est belle... Et à ce même instant, je pensais à mon mari, absent... J'aurai tant aimé partager ce moment avec lui. Oui, à ce moment, il m'a énormément manqué! Et puis, elle est partie... 5 ou 10 minutes plus tard, on me la ramène toute enveloppée, le bonnet en jersey sur la tête, elle fait déjà des bulles... "Elle pèse 1kg420 madame...", et puis j'ai droit à un petit câlin... Sa petite joue contre la mienne, je l'embrasse, je la respire, je pleure en lui disant que je l'aime. Sa peau est douce comme de la soie, son odeur est merveilleuse, enivrante. C'est elle... Et puis le câlin se termine, trop vite... Un mal nécessaire.
On fini de me recoudre, je découvre que je tremble comme une feuille... C'est normal me dit-on, "vous avez été très courageuse, maintenant votre corps se lache". Courageuse, moi??? Non, c'est juste de l'amour maternel! Puis j'entends la gynéco "je recouds de telle façon que la prochaine fois si le bébé n'est pas en siège, vous pourrez accoucher par voie basse"... Mais qu'est-ce qu'elle raconte??? Un autre enfant??? Mais elle est folle! (Lol et puis maintenant je me dis déjà "ben finalement un autre bébé....").
18h, on me remonte en chambre, je veux commencer à tirer mon lait.... Tout est déjà prêt... La sage-femme me regarde les yeux ronds "ah non vous remontez à peine de la salle de réveil, un peu plus tard...", ok, j'avoue je suis un peu naze lol. Le soir arrive, le sage-femme de nuit arrive... Je réitère ma demande et en plus je demande qd est ce que je pourrais aller voir ma fille... Il me sourit et me dit "Je le savais que vous ne perdriez pas le nord...". Mais là , tout en douceur mais sur un fond ferme il me dit "va falloir faire un choix, soit vous tirez votre lait soit vous allez voir Elisa". Bon ben je vais voir Elisa. Et c'est ainsi que 6h après ma césarienne, je me suis levée, avec tout le bardas (sonde, perf) lol, et poussée sur un fauteuil par mon mari, que je suis allée voir Elisa...
Elisa... J'ai pu la toucher qq instants, 15 minutes de visite et toute une nuit à penser à elle et la voir par flashs dans mon demi sommeil... J'ai tiré mon lait dès le lendemain, je me suis levée et marcher le surledemain. Et au 3e jour, l'amour pour Elisa me portait, je marchais. Bien sûr que j'ai eu mal, mais la peur de m'entendre dire "faut rester couchée" faisait que je n'ai rien voulu montrer lol. Je sais c'est pas raisonnable mais je n'avais pas envie de courir ce risque. Rapidement, ma césa ne m'a plus fait souffrir et malgré tout ce stress, j'ai vécu un bel accouchement.
Et aujourd'hui, je peux dire qu'en me "quittant" ma fille m'a laissé un sourire sur le bas de mon ventre...
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